La Gullideckel par Fuchs [W201, 126, R107]

Bref historique

Mercedes Benz et l’équipementier Fuchs partage une longue histoire. L’arrivée de la berline compacte W201, ou 190, a profondément modifé l’image du fabriquant basé à Stuttgart, dans le quartier de Canstatt. A l’occasion de cette sortie, il fut demandé à Fuchs de renouveler une des parties les plus visibles d’une voiture : les jantes. Les jantes « baroques » en chapeau mexicain qui équipaient la classe S et SL au cours des années 1970 avaient fait long feu, le design devait être actualisé, souligner les formes recantangualires et tirer parti des nouvelles matières plastiques, plus lègères et ne craignant pas la poussière de frein, matière très corrosive.

Précisons qu’il fut demandé à d’autres équipementiers, notamment Borbet, de fournir des jantes coulées de même design.

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La gullideckel en majesté. Notez le double bandeau de silicone vert, qui déférencie les « gulli » de classe S et dérivés, de ceux des W201 sportline, de couleur jaune

La jante gullideckel (ou bouche d’égout, en allemand) voyait ses premières rotations en septembre 1984, pour la sortie du modèle sportif de la W201, la 190 2.3-16.

Numéro OEM et dimensions de la Gullideckel « Sportline »

Elle présentait une face plate à 15 trous situés aux extrémités pour répondre au principe de turbo ventilation. Ici et comme chez beaucoup de constructeurs allemands la forme suit la fonction. La turbo ventilation permet une meilleure aération des étriers de freins en produisant un effet turbine pour à la fois propulser plus d’air à travers la jante et créer une une pression d’air qui évacue l’air chaud (voir ce site, en allemand pour plus d’informations), ici le principe est encore à ses balbutiements, les trous permettent d »accroître le volume d’air froid, mais pas d’évacuer l’air chaud, ce n’est que plus tard avec la SLR (C199) que Mercedes combinera ces deux avantages.

A noter aussi que la forme plate, qui permet, au surplus, de réduire la résistance à l’air, point faible des « bundts » aux savantes arabesques, et le déport faible (ET 44 pour la W201 2.3-16 et version sportline) permet de monter des étriers de frein plus imposants.

Enfin la W201 apporte une autre contribution d’importance : les centre de roue en plastique. Selon le support et la luminosité la peinture rend différemment, on peut s’imaginer le casse-tête des ingénieurs pour déterminer la bonne composition pour que la peinture sur support plastique et celle sur support aluminium convergent visuellement. Ce calcul supposé a néanmoins ses limites, on peut s’en apercevoir assez facilement en regardant une jante gullideckel d’un angle obtus (20-30°) : immanquablement le centre de roue émergera plus foncé que le reste de la jante.

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La 190 2.3 16v et ses Gullideckel (source)

Cette jante équipera ensuite les 190 option « Sportline », option disponible sur tout modèle 190, et qui proposait entre autres des suspensions plus sportives, des jantes plus larges d’un pouce, la fameuse boite manuelle Getrag à 5 rapports avec première « à gauche, en bas », sans oublier le logo « Sportline » bleu et noir, intégré dans le bas de caisse en plastique, combinaison typique de l’époque.

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A chaque trou correspond son arche renforcé. Le tampon Fuchs caractéristique, en forme de tête de renard stylisé est visible dans le coin inférieur droit de l’image

Comme toutes les jantes Fuchs, ces jantes sont forgées selon un processus coûteux et complexe; processus qui sera traité dans un article ultérieur.

La pillule jaune, puis la pillule verte

Suivant d’un an la sortie de la populeuse W201, le restylage de la classe S entraînait l’adjonction au catalogue, en option, de la gullideckel, au déport étonnamment important. Pour répondre au problème, de longs goujons furent repris aux jantes Bundt. La solution trouvée est pour le moins suboptimale, et les fabricants de jantes aftermarket: BBS, Rial, Melber  en profiteront largement, en proposant des jantes utilisant ce déport de façon séduisante.

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La jante gullideckel marque une époque, puisque cette jante est offerte pour l’intégralité de la gamme mercedes ( à part la classe G) dans des dimensions différentes. Bien sûr le design en 8 trous (jante coulée, non forgée) equipa les W201 et W124, puis la SL 129, néanmoins l’offre de « personnalisation » , si on voulait rester fidèle à la marque à l’étoile et ses numéros de série à 10 chiffres, se comptait sur les doigts d’une main .

De nos jours le catalogue Mercedes regorge d’options pour des jantes AMG ou non, en grande majorité coulées.

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Une initiative similaire sera faite durant l’ère Daimler Chrysler : en effet des jantes Fuchs, d’abord monté sur la SLK R170 ( modèle « Toliman ») ont été montées progressivement sur CLK W208, S W220, E W211. Néanmoins le style varie légèrement d’une classe à l’autre, et, pour ceux qui voudraient les monter sur d’autres modèles, les goujons sont d’un filetage variable; l’auteur de ces lignes l’a appris à ses dépends. Ce sujet est traité plus en détails ici.

Indice de rareté

5/10 – Pour la bandeau jaune, la 190 a été produite a 1,2 million d’exemplaires, et les « sportline » sont légion, la disponibilité est donc assurée, bien que la gullideckel ne soit plus produite par Fuchs.

L’état lui est plus problématique, les voitures de l’époque ayant été fort généreuses en emission de poussière de frein, et les propriétaires de l’époque fort oublieux au moment de nettoyer leurs jantes, la saleté accumulée dans chacun des 15 trous est parfois incurable, et il faut se réduire à les envoyer en peinture (notez que Fuchs propose un service de reconditionnement à l’origine, comptez 120€ par jante, sans les frais de port aller).

A part l’état esthétique il n’y pas grand’chose à craindre, on fait difficilement plus solides pour des jantes forgées au même endroit que l’épée de Siegfried, ou presque. Il parait même qui si vous frottez un trottoir la DDT pourra vous traîner en justice pour détérioration du mobilier urbain…

7/10 – Pour le bandeau vert, seul la disponibilité change, mathématiquement la classe S a été moins produite que la W201, et la production additionnelle du fait de la SL R107 ne compense pas. L’offre reste loin d’être anémique, car la monte reste petite et les possibilités de rester « correcte à la période » tout en montant au 16 pouces sont, elles, pléthoriques, aussi certains propriétaires s’en débarrassent.

Aucune de ces deux jantes n’est disponible en concessions.

Infos Techniques

Gullideckel Jaune 190e « Sportline » : 7Jx15 ET 44. A2014001302. 8 kgs

Gullideckel Vert W126 R107 : 7Jx15 ET 25.A1264003002 / A1264003502. 9 kgs

+Variante JDM USDM 6,5×15 ET 21,5. A1264004102. Poids inconnu

Référence des centre de roue : 2014010225

2 commentaires sur “La Gullideckel par Fuchs [W201, 126, R107]

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